Quand l’Eglise fait des bulles

Tout a commencé en plein confinement, en octobre 2020. Comme tous les parents à ce moment-là, le révérend Marcus Gibbs est désemparé. Les restrictions se font sentir non seulement dans la vie quotidienne, mais également dans l’Eglise, privée de ses célébrations dans le format habituel. Avec son épouse, Marcus Gibbs est inspiré, au pied de la lettre, par les consignes de l’Etat. «Le gouvernement avait autorisé les Britanniques à se rendre à l’église tant qu’ils demeuraient dans leur «bulle», explique-t-il dans une interview. Sur la suggestion de mon épouse, nous avons créé un culte avec des bulles physiques, c’est-à-dire des petits tapis éloignés les uns des autres, sur lesquels les membres d’une même famille pouvaient s’asseoir.»
Apporter de la joie dans le culte
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Autour de ce format, qui devient plus ludique que restrictif, un concept simple se tisse: des marionnettes, une histoire biblique, une chanson entraînante, un bricolage ou un jeu que «les familles peuvent utiliser pour réfléchir et prier ensemble». La formule plaît d’emblée et de plus en plus de familles se rendent à l’église le dimanche. «Cela a offert un espace non seulement pour les enfants mais aussi pour que les adultes puissent réfléchir sur la vie et ce qui se passe pour eux. Nous nous sommes rendu compte que la majorité des familles qui venaient n’étaient jamais allées à l’église auparavant. Elles étaient sur ce chemin de foi et cette initiative leur a offert un moment profond dans la semaine», se réjouit Marcus Gibbs.
Le baptême: une recherche de sens
Dans un article consacré aux Bubble Churches, La Croix note en effet un fort déclin de l’Eglise anglicane avec une diminution notoire de la participation aux offices religieux: «Entre 2013 et 2019, le nombre de pratiquants chaque semaine au sein de ces paroisses est passé de 993 000 à 854 000». Par voie de conséquence, les baptêmes sont eux aussi en chute libre.
«La pandémie a été un temps de questionnement intense et beaucoup de baptêmes ont suivi», se félicite le révérend Gibbs qui explique cet engagement par une profonde recherche de sens d’une communauté ébranlée par l’incertitude de la situation sanitaire qui régnait encore à cette époque.
«Nous avons vu Dieu à l’œuvre»
«Depuis, poursuit Marcus Gibbs, de nombreux adultes ont souhaité s’investir et un groupe s’est formé le mercredi soir pour approfondir ensemble la foi. Ils se réunissent, partagent leurs questions, leur foi et un bon repas.» De leur côté, les enfants s’impliquent dans l’équipe qui organise les Bubble Churches et le concept a fait «des petits», un peu partout en Angleterre.
«Nous avons vu Dieu à l’œuvre d’une manière merveilleuse et nous sommes très reconnaissants qu’il utilise la Bubble Church pour atteindre ceux qui, autrement, ne seraient peut-être pas venus à l’église dans notre quartier de Londres», se réjouit le révérend qui explique ainsi ce succès. «C’est une formule simple, et surtout divertissante et dynamique, qui permet à chacun, quelle que soit sa connaissance de la foi chrétienne, de se joindre et d’apprendre ensemble.»
