Trois pionnières du féminisme.

Evelyne Sullerot – cette féministe protestante a défendu les pères.
Fille de pasteur, Evelyne Sullerot est enseignante avant de se former en sociologie, tout en élevant quatre enfants. En 1956, elle co-fonde avec une femme médecin «La Maternité heureuse» afin de promouvoir le contrôle des naissances. Cette association, ancêtre du Planning familial en France, vise à lutter contre les avortements clandestins, assurer l’équilibre psychologique du couple, ainsi que contribuer à la santé des mères et de leurs enfants.
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Pour Evelyne Sullerot, la régulation des naissances joue un rôle clé pour l’émancipation des femmes. Alors, elle fonde en 1974 les centres «Retravailler» pour aider les femmes à revenir sur le marché de l’emploi. Elle sera aussi vice-présidente des Associations familiales protestantes.
Après mai 68, ses positions évoluent: elle observe que la révolution sexuelle a fragilisé le couple plutôt que de le renforcer. Elle regrettera aussi que l’avortement soit devenu «une contraception-bis». En 2006, elle se brouille avec ses consœurs féministes en devenant la marraine de «SOS Papa». Pour elle, c’est une injustice que les pères divorcés soient lésés pour le droit de garde des enfants. Mais plus largement, elle dénoncera l’éclatement de la structure familiale, dû à la montée de l’individualisme et à la procréation assistée (PMA, GPA) qu’elle nommera «démailliage familial».
Interviewée par SpirituElles en 2008, la sociologue relevait que «le mariage n’a pas été défendu bec et ongle par les protestants, qui ont été plutôt féministes dans l’ensemble. Pendant longtemps, ils n’ont pas été conscients du fait que les enfants pâtissent de la séparation». Sandrine Roulet.